Mon
état d'esprit
permanent
L'homme est un apprenti,
La douleur est son Maître,
Et nul ne se connaît,
Tant qu'il n'a pas souffert !
Alfred de
Musset.
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est celui que je vous conseille après avoir pris bien des contacts sur la
"toile".
C'est un des seuls à ne pas vous prendre un centime pour vous éditer !
1er extrait
J'ai froid...
Ce n'est pas du froid naturel et piquant que l'on peut connaître par un
belle journée d'hiver que je veux parler... C'est du froid d'un cachot.
Ce n'est pas le même !
Le premier, peut vous faire grelotter physiquement, et c'est naturel.
Le second est plus pernicieux... Il pénètre au plus profond de votre âme.
J'ai froid...
Certes, les lieux ne se prêtent pas à avoir chaud, mais c'est le cerveau qui
se met à trembler... C'est en déroulant le fil de ma vie que je ressens ces
sensations bizarres...
Une table en béton scellée contre un mur décrépi, un tabouret en bois
craquelant, relié au sol par une chaîne, une "tinette" vétuste et usée par
de nombreux fessiers, et un "plumard" pliant accroché lui aussi au mur. Ce
dernier n'étant ouvert que de 18 heures à 7 heures du matin.
Interdiction de s'allonger la journée... Nous n'étions pas au Club Med !
Accroché à la lucarne, tellement petite que l'air ambiant a du mal à se
renouveler, un coin de ciel bleu tente péniblement de pénétrer cette
cellule... Un coin de ciel bleu qui me rappelle que "dehors" la vie continue
!
Un hublot, au-dessus de la porte, laisse diffuser une lumière blafarde qui
sort du néant. Le verre n'existe plus depuis longtemps et l'ampoule et
tellement vieillie que l'on ne distingue même plus le filament.
Cela donne une atmosphère... comment puis-je vous la décrire ? Bof...
essayez d'imaginer...
Les murs retracent le passage de mes camarades de galère.
Des graffitis que les autorités ne se donnent plus la peine d'effacer.
On y trouve des inscriptions de 1908... C'est vous dire !
J'ai froid...
Hélas, ce décor d'un autre monde sera le mien pendant 30 jours.
Une fois de plus, me voilà dans la prison des prisons : LE CACHOT !
J'ai l'impression de vous entendre.... "Si tu es en prison et de plus au
cachot, c'est que tu dois le mériter, donc..."
C'est vrai... Je suis en prison parce que j'ai fait ce qu'il ne fallait pas
faire, une "connerie de jeunesse", un vol que je regrette... mais les
regrets ici, ne servent à rien !
Par contre, le cachot....
Laissez-moi vous conter cette histoire.... Elle vaut son pesant d'or !
J'ai écrit à ma femme !
Mais oui, vous avez bien lu !
J'avais écrit à mon épouse par la "voie normale", c'est à dire contrôlée par
le vaguemestre... celui qui lit tout courrier sortant afin de savoir si vous
ne divulguez pas des trucs sur la prison ou si vous ne préparez pas une
évasion...
Moi, je n'avais pas essayé de ceci ou cela... Non ! J'avais simplement écrit
à mon petit bout de femme en précisant en fin de lettre que je l'embrassais
bien tendrement sur les cuisses.
Que n'avais-je pas fait là !
Un surveillant vint me notifier ma visite au prétoire... le tribunal de la
prison !
Arrivé devant "ces messieurs", le Directeur de l'établissement
pénitentiaire, me fit savoir que ma lettre était censurée. Le règlement
intérieur interdisait cette forme de poésie !
Je tentais de bredouiller... que...
Ne discutez pas ! Pour cette fois, ce sera 8 jours de cachot
!
On ne discute pas avec "ces gens là"... On subit !
Le gros problème chez moi, c'est que je ne supporte pas l'injustice... Je
décidais donc de ne pas en rester là ! Puisque la voie dite légale
m'interdisait d'écrire mon amour à mon épouse, j'allais employer d'autres
moyens... Certes, têtu comme une mule, je savais pertinemment que je ne
gagnerais rien à vouloir faire "ma forte tête", mais c'est inné...
lorsqu'une révolte monte en moi, il faut que j'aille jusqu'au bout !
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2ème extrait
Monsieur B...... faisait partie de ce genre de personnes à qui l'on donne sa
confiance des le premier contact. Pourtant, moi qui l'avais connu dans des
conditions "particulières", je savais que Monsieur B...... n'était pas un
enfant de cœur !
Certes, après sa libération de la Centrale de Clairvaux, il aurait du
s'assagir. Huit ans de prison passés dans ce genre d'établissement devrait
vous porter à réfléchir... Eh bien non !
Pour le situer dans son comportement, je vais vous retracer une de ses
"actions".
Ayant "subtilisé" quelque part et à quelqu'un un canard en opale d'une
valeur certaine, il alla proposer son larcin à un antiquaire de Langres qui
lui "refila" quelques billets.
Quelques jours après, passant devant la boutique de ce commerçant, quelle ne
fût pas sa stupeur en voyant le canard affiché à un prix exorbitant.
Le soir même, il cambriola ce dernier pour récupérer son canard. Le bougre
l'avait "enflé" ! Le plus fort, c'est qu'il ne prit que l'objet du
litige.... Le canard !
Ça, c'est Monsieur B...... !
A l'époque, je résidais à Dijon... Je venais de purger une peine de quatre
années interminables à Clairvaux. Pourquoi le soir ou Monsieur B...... m'a
demandé de l'accompagner à Paris ais-je accepté ?
Il est vrai que financièrement j'étais un peu "juste" et que devant sa
proposition plus que loufoque, je ne risquais pas grand chose à accepter...
Mais quand même !
Si tu m'emmène à Paris je te "refiles" mille cinq cent francs ! Tout ce
que tu auras à faire, sera de m'attendre pendant une heure... Le temps que
j'aille "casser" la Tour d'Argent !
Très sincèrement, connaissant Monsieur B...... pour ses aventures
rocambolesques, je ne croyais pas un mot de ce fabuleux casse du siècle !
Pensez un peu... La Tour d'Argent !
Pourquoi pas la Banque de France ou l'Élysée !
Et pourtant...
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3ème extrait
La ou la situation a du être dramatique pour ma femme, c’est le jour ou elle
apprit par les journaux Italiens que je venais d’être abattu devant un
Restaurant de Turin. « Un règlement de compte vient de voir la mort d’un
Français répondant au nom de Raymond Rainart » expliquait l’article d’un
quotidien.
En effet, en cavale à Turin, et alors que j’étais en compagnie d’un voyou
notoire de cette ville, nous fûmes arrêté par un contrôle de routine.
(C’était l’époque des brigades rouges). Au poste de police et après quelques
heures de vérification, il relâchèrent mon collègue.
En partant, on lui remit un document m’appartenant. C’était une vieille
carte d’artisan que je conservais depuis la France.
Il fut exécuté deux heures plus tard par une bande rivale… et les flics
trouvèrent ce document sur lui… D’ou la méprise !
Dans ce même laps de temps, je fus relâché à mon tour car l’affaire du
kidnapping n’était pas à l’ordre du jour. C’est trois jours plus tard, en
téléphonant à ma femme que j’appris cette histoire.
Avouez qu’un mort qui téléphone, ça doit surprendre non ?
C’est toi Raymond, me disait-elle d’une voix tremblotante ?
Ben oui, Pourquoi ?
Mais tu n’es pas mort ?
Mort ? Mais qu’est-ce que tu me dis !
Elle me relata l’histoire que je viens de décrire…
Faites
coulisser l'ascenseur ---->